13 octobre 2005

12 octobre 2005, nuit agitée + chasse









Hier, journée de repos, parce que la veille une piqûre d'araignée pendant la nuit m'a totalement endolori le dos. Les shiwiars m'ont donné un analgésique qui m'a finalement soulagé mais ce fut très douloureux. Il s'agit d'une pilule fuschia d'Ibuprofène 200 mg.
Après cette journée de repos nous avons tous participé à la construction d'une maison à la périphérie du village. Les maisons de Tangunsta rappellent en fait la "période néolithique" de chez nous. Il s'agit d'un plan ovale au sol. Deux piliers sont plantés de part et d'autre de la nef, puis deux autres, à chaque extrêmité de la nef pour définir un arc de cercle. Les piliers sont joint par des troncs incurvés pour les extrêmités de la nef et longilignes pour ses côtés. Ces tronc vont supporter le toit fait d'une magnifique charpente en troncs fins, qui seront ensuite recouverts par un tressage très serré de palmes...
Un des piliers sur la gauche de la nef est réservé au chef de famille. Ce pilier se fiche dans la charpente avec une figure losangique évoquant La figure d'un anaconda qui symbolise le passage de la terre au ciel. Ces maisons ont également deux types de sol, un sol en terre battue ou un plancher légèrement surélevé (1 mètre au dessus du sol). Ces demeures ne sont pas cloisonnées et sont transparentes. Il y a un espace réservé aux femmes où l'on retrouve tous les instruments de cuisine et les animaux domestiques et un espace réservé aux hommes. Les animaux domestiques sont des singes, des chiens, des oiseaux, des aras, recueillis dans la jungle:
En effet si au cours d'une chasse, une femelle est tuée laissant des petits; ces petits sont domestiqués et gardés vivant pour remercier la mère d'avoir nourri la famille du chasseur.
Puis nous avons pris un grand bain collectif dans la rivière dont l'eau est boueuse et trouble. Puis Gonzalo, le chef est venu me voir pour me dire que du fait je ne restais pas longtemps dans sa communauté, je devais apprendre à tirer à la sarbacane... Il est parti tailler un morceau de bois issu d'un arbre très précis et il l'a enroulé sur l'extrêmité opposée de la pointe un coton. Puis il m'a appris à tirer sur des cibles faites de fruits représentant différentes silouhettes de gibiers (aras, toucans...). Malgré le fait que je sois un piètre chasseur j'ai immédiatement atteint mes cibles. Je fus donc envoyé directement dans la jungle dans les alentours direct du village, avec comme mission de ramener le dîner du soir... Devant ce fait et pris par le jeu sous la gentille pression collective, je me suis mis dans la peu du chasseur. J'ai repéré deux toucans noirs à bec orange et en moins de deux, grâce à la sarbacane j'en ai touché un en fichant mon jet qui l'a transpercé de part et d'autre au centre de son aile gauche, du coup en tentant de s'échapper, il est tombé comme une pierre. Les fléchettes tuent le gibier très rapidement. J'ai ramené mon gibier au village et tout le monde était très content. Il paraît que je suis le premier blanc à tuer un gibier aussi rapidement dés le premier tir (la partie de chasse a duré 5 min). Je fus considéré par tous comme un grand chasseur. Plus tard en retournant dans ma chambre j'ai été pris d'un sentiment de culpabilité. En effet, moi qui déteste la chasse et qui suis incapable de tuer une mouche me voilà devenu chasseur pro à la sarbacane!! Avec, en plus, un instinct de prédateur que je ne me connaissais pas. Finalement, ce qui m'est apparu clair est qu'en France la chasse est un acte "gratuit" associé à un loisir ou à un sport alors que dans la jungle c'est le seul moyen de survie. Ici, il y a une dépendance totale vis à vis de la forêt et de la rivière. D'autre part, selon les indigènes, le gibier s'offre à nous et il faut accepter l'âme de l'animal, pour ensuite aller enterrer ses entrailles dans la terre. Cette situation me rappelle le film "Danse avec les loups". Je crois que je comprend mieux certaines choses au aujet de ce que peut être un homme au delà la "causa metale"...

2 commentaires:

Pascal Languillon a dit…

Et bien quelle aventure! Comme quoi les pilules emmenéees par mes amis pharmaciens ont servi! Pas de chance pour l'araignée...

Quelques petits commentaires :

- Les chiens ne vivent pas naturellement dans la forêt amazonienne, ils ont été amenés par les missionaires evangelistes il y a quelques années et maintenant quasiment chaque village a son lot de chiens. J'avais été un peu surpris de trouver des chiens en pleine forêt amazonienne d'ailleurs... Des rats apprivoisés ? Ca c'est nouveau ?
Il y aussi des poules !

- Chasser du toucan... ca peut faire sursauter au premier abord, mais les indiens eux chassent le toucan, se font de belles parures, etc. Pour eux c'est même un mets délicieux.
Toutefois, dans le projet d'écotourisme de la communauté, les touristes ne sont pas censés faire cela (mais tu n'es pas un touriste comme un autre Valéry :-)
afin de préserver cette espèce superbe, pas si facile à voir d'ailleurs ...

The shiwiars project a dit…

pour ma part j'ai vue peu d'araignees et de serpents et une multitude de toucans et d'aras, incroyable....
mais bon je ne crois pas avoir ete percu comme touriste...
mais comme un ami, c'est ce que m'a dit gonzalo ;-) et puis j'avais afreusement faim! les noodles chinoises deshydratees, cela ne nourrit pas son homme !