31 mars 2006

1 - 25 Janvier 2006:"Global Groove" (nation building as art)






Je me vois désolé d'avoir abandonné ce blog pendant quelques mois, en effet, cela ne signifie nullement que le "shiwiar project" s'est arrêté avec l'exposition au palais de Tokyo et la pièce radiophonique diffusée sur France Culture le 22 Janvier dernier dans le contexte des ateliers de la création radiophonique...

Ce projet et surtout l'installation vidéo qui en découle a été incluse dans une exposition collective nommée "Global Groove" (nation building as art), aux USA (dans une autre version), qui comprend les artistes suivants:
Sarawut Chutiwongpeti, CM Von Hausswolf and Leif Elggren, Gordon Matta-Clark, Phil Niblock, Superflex (avec une réflexion sur les travaux de Nam June Paik). Et cette expostion a eu lieux à la Art gallery of Knoxville dans le Tennessee.
Chris Molinsky ancien étudiant du art institute de Chicago a fondé ce lieux et a monté cette exposition fort intéressante qui s'intéresse aux effets de la globalisation sur les territoires les plus isolés et extrêmes. En effet étaient présentés des travaux tels que ceux du collectif superflex avec un projet nommé "le guarana power":
http://www.guaranapower.org/
ou encore le projet "land foundation" de Rikrit Tiravanija:
http://www.thelandfoundation.org/index.php?Gallery&p=0&g=25.

Je ne parle même pas des conférences qui ont été données dans la suite de ce projet comme celle qui fût faite le 7 mars dernier à la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris:
"Territoires extrêmes, globalisation et nouveaux médias" dont vous trouvrez un petit résumé ici.

D'autre part, le Palais de Tokyo site de création contemporaine producteur de ce projet et France Culture producteur de la pièce radiphonique "Tanguntsa Amazonie 0" seraient désireux de publier un catalogue comprenant les photos faites pendant l'expédition, les textes écrits sur ce blog et le CD "Tanguntsa amazonie 0".
Cela pourrait être une coédition, Palais de Tokyo, France Culture et Paris Musées? + un partenaire privé que nous cherchons toujours (à votre bon coeur). Et ce catalogue pourrait être publié cet été "wait and see"...

Comme vous le voyez ce projet démarre une belle vie dans le monde de l'art tout en continuant à apporter un soutien concret à la communauté shiwiar visitée:
Ainsi après ma visite, l'école a été équipée en énergie renouvelable (solaire), a été équipée en materiel pédagogique (ainsi que trois autres écoles dans trois autres communautés), 80 enfants sont désormais scolarisés et ont été équipé de crayons, stylos, cahiers et tutti quanti...
L'installation vidéo produite est en vente: je ne désespère de la vendre à une grosse collection privée, et cela permettra à la confédération shiwiar de financer le rachat de leurs terres ancestrales (en partie seulement, car il y a encore 100 000 hectares à acquérir).

De plus les images et sensation percues sur place continuent à hanter mes nuits: la lumière, les odeurs; et cela donne de nouvelles pièces.
Utilisant dans ma pratique artistique toutes sortes de médias, y compris celui de la peinture:
, car je considère la peinture comme un média au même titre que la photo, la vidéo, internet et la littérature...
Et comme la peinture est à mes yeux le média le plus lent qui soit, il ne serait pas impossibles que ces images soient couchées à l'huile sur toile d'ici peu.
Plus j'y pense, plus j'y trouve un intérêt:
Car ce projet a été un déplacment réel, une immersion donnant une fenêtre sur un autre espace et une autre temporalité, mais je vois autour de moi des perceptions à mon endroit gênantes, relevant à la fois de la performance physique, l'aventure et une forme de héroïsme que je dénie totalement.
Et je me dis que la meilleure façon de fictioniser cet évènement et de lui enlever un peu de sa gravité performative et physique, serait d'en faire des peintures:
Je ne connais pas meilleur moyen de produire des images de mémoire ;-) et une image peinte a pratiquement toujours le statut de fiction...

23 janvier 2006

"Tanguntsa- Amazonie Zero"



Voilà l'objet radiohonique a été diffusé hier, il peut être désormais écouté sur le site de France Culture pendant une semaine, et il se trouve à cette adresse: ici.

Cela peut réprésenter une conclusion sonore à ce projet, peut être un prochain épisode...

Valéry Grancher

21 janvier 2006

"Tanguntsa amazonie 0"



Demain 22 Janvier, France culture diffusera ma pièce radiophonique réalisée dans le cadre des ateliers de la création radiophonique de France culture avec Lionel Quantin, en direct sur la bande FM 93,5...
Venez au Palais de Tokyo avec votre poste de radio ! Revivez mon voyage en Amazonie...

Après le collage visuel télécospant deux espace et deux temporalités: le plan fixe de 6h00 de Tanguntsa installé in situ au Palais de Tokyo du 4 au 20 Novembre dernier...
Venez demain à 22H30 vivre un collage sonore en vous laissant pénétrer par L'objet radiophonique produit, qui déroule différentes temporalités de façon concomitantes : celle du blog, celle de l'expédition et celle du plan fixe. Plus qu'un carnet de voyage ou qu'un journal intime, il est le lieu de convergence de paroles multiples (celle des indiens shiwiars, celle de l'artiste, celle des lecteurs du blog) égrenant chants, pensées et digressions poétiques pour proposer un aller et retour permanent entre les voix intérieures et l'espace naturel; tout cela en déambulant dans les espaces de l'exposition "notre histoire"...

Valéry Grancher

08 janvier 2006

1/60 ème, 1 minute France culture



J'ai le plaisir de vous annoncer la diffusion ce jour sur France Culture de ma pièce "Tanguntsa/Paris" créée dans le contexte du projet 1/60ème des ateliers de la création radiophonique à France Culture pour célébrer leurs trois années d'existence.
Vous trouverez ci-après le texte explicatif publié par France Culture sur leur site:
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1/60ème
Emission du 08 Janvier 2006
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Par Philippe Langlois et Frank Smith
Réalisation Philippe Roy

Afin de célébrer trois ans d’intense radioactivité, l’Atelier de création radiophonique de France Culture lance “ 1/60ème ”, un programme collectif réunissant 60 propositions sonores inédites de 60 secondes chacune réalisées par 60 artistes ayant collaboré à notre émission.

Ces mini formats bruts ou rondement ficelés dans leur composition seraient une occasion supplémentaire de défier les contraintes économiques et temporelles en créant une sorte de nano-laboratoire d’expérimentation radiophonique et en privilégiant des supports tels que téléphone cellulaire et mobile, mégaphone, dictaphone, microphone… qui sont aujourd’hui autant de possibilités d’émancipation “ low-fi ” pour une remise en question tant du médium que du déplacement de l’auditeur. Alors que les domaines des images, des arts vidéo, du court métrage cinématographique et des installations contribuent à l’émergence depuis une dizaine d’années d’un “ tiers-cinéma ” vivace, un espace dévolu au “ tiers-son ” est désormais ouvert, nous semble-t-il, qu’il s’agit de développer et de dynamiser.

Ce programme exceptionnel est donc une invitation à épaissir “ la ” minute qui s’écoule : 60 secondes pour un voyage intérieur/extérieur, une exploration périphérique, un coup d’éclat dans le temps qui ne passe pas ; bref, une brièveté que l’on fige… ou tout autre réalisation issue du plaisir.
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Cette émission peut être écoutée à posteriori pendant une semaine sur le site de France Culture:
France Culture

06 décembre 2005

Les Ateliers de la création radiophonique



Je pensais clôturer ce blog le 20 Novembre dernier avec la fin de l'exposition au Palais de Tokyo, mais l'actualité n'est pas de cet avis...
En effet, ce projet et cette installation ont une suite:
Après les images, le son !
Une suite disais je, mais radiophonique...
En effet deux jours avant mon départ, France Culture m'avait demandé, d'effectuer des enregistrements pendant mon expédition, et avec le matériel ramené, j'ai pu créer un objet radiophonique dans leurs studios dans le cadre des "ateliers de la création radiophoniques".
Cet objet de 50 minutes sera diffusé dimanche 22 Janvier 2006 à 23h00 sur france culture.
Je vous souhaite donc une bonne écoute, et je vous invite à consulter le site de France Culture pour se tenir informé de leur programmes, c'est là:
France Culrure

23 novembre 2005

Post scriptum

Je viens de recevoir ce mail de Pascual Kunchicuy ainsi que ces photos, et je ne peux m'empêcher de les publier...
Cela est ainsi une belle conclusion à ce projet qui au delà d'une oeuvre d'art est aussi devenu une relation avec toute la richesse humaine que cela apporte...

"Hi Valery:

I am sending the picture that I gave to schools in the shiwiar community. They were very happy with this notebooks and pencils..

Also there were school presentation, I asm sending picture for you...they said thank you for you..I hope to hear from..

Take care and keep in touch,

Pascual"


Hasta luego shiwiars

12 novembre 2005

Valéry Grancher, "Réponse"




Valéry Grancher
« Réponse »
par Marc Sanchez
10 novembre 2005

Plus de deux mois après le lancement de l’opération baptisée « The Shiwiars Project », nous voici à l’heure de la réflexion sur le chemin parcouru, sur les actes produits et sur les objectifs atteints ou non.

Le lien avec la communauté Shiwiars de Tanguntsa a été établi, l’artiste a séjourné sur leurs terres, partagé leur quotidien, chassé à la manière indienne, joué avec les enfants, goûté à la boisson préparée par les femmes. Le temps passé en leur compagnie a pourtant été bref, s’écoulant au rythme de journées dont la lumière du soleil, absente dès six heures le soir, obligeait à accompagner le cycle de la nature au plus près. Malgré la distance culturelle incommensurable, la conversation s’est engagée et le dialogue sans mots était parfois le plus intense lorsque tout devait se dire par la seule expression des regards.

La présence de l’artiste sur place ne fut donc pas anachronique, la rencontre des objets ne produisit aucun heurt et la caméra numérique sembla aussi naturelle à l’indien que la sarbacane à l’artiste. Des images furent saisies pour être transportées en d’autres lieux, confrontées à d’autres cultures, à d’autres pratiques de l’espace et du temps. Les présents utiles le furent réellement, les cahiers d’écolier et les stylos à bille trouvèrent usage dans la case réservée à l’école. Le papier y est rare, les instruments précieux, écrire en bleu et en rouge est un luxe qui éclaire le sourire d’un enfant. Pour eux, le Palais de Tokyo aura été celui qui apporta un peu de couleur dans cette écriture inventée par les Shiwiars il y a seulement quelques années et qui, déjà, leur semble si naturelle qu’il l’envisagent sur des supports multimédias pour transporter leur culture ancestrale vers d’autres continents.

Puis le voyage se fit en sens inverse. De la forêt amazonienne à la jungle parisienne, Pascual Kunchicuy franchit la distance sans états d’âmes et avec un naturel qui stupéfiât ceux qui l’on croisé dans les bureaux du Palais de Tokyo, dans les rues de Montmartre ou dans les tables rondes publiques pour débattre du bien fondé du « Shiwiars Project ». « Paris est faite d’arbres sans feuilles, de pierres et d’hommes », dira-t-il au terme d’une grande journée d’exploration de la capitale. Les pierres et les hommes sont rares dans sa forêt et les feuilles, lorsqu’elles tombent de l’arbre, en annoncent seulement la mort prochaine.

De cette aventure, reste un film de six heures. Un plan fixe du village qui rend compte du lent déroulement d’une journée comme les autres. Le vent dans les feuilles, un nuage qui change la lumière du ciel, un passant qui coupe le champ de la caméra, un poulet qui picore. Dans ce film il ne faut pas chercher l’anecdote, l’histoire exotique, le compte-rendu de l’événement. C’est d’un déplacement dont il s’agit, d’une brèche ouverte dans l’espace du Palais de Tokyo pour y insérer un peu du temps et de l’espace de Tanguntsa. Tel qu’il est. Sans artifice, brut.

Le décalage est aussi radical dans l’espace d’exposition qu’il le fut dans le village amazonien. Et si quelques clés sont livrées pour saisir l’ampleur de l’image, elles n’ont valeur que de commentaire, tel le blog de l’artiste sur Internet ou le film documentaire tourné pendant chacun des jours du voyage.

« The Shiwiars Project » aura donc été une véritable aventure humaine. Celle de la confrontation, de la prise de conscience respective des différences, mais, surtout, celle de l’activation des nombreux points de coïncidence révélés par le chemin parcouru ensemble. Le collage en une seule image de ces deux paysages dévoile la pertinence de la rencontre, la force plastique du rapprochement et, pour la première fois depuis le début de l’histoire, apporte les éléments d’une réponse aux nombreuses questions posées par l’expérience.

09 novembre 2005

La pièce: l'aboutissement de cette aventure, une installation vidéo "in situ" et "in media situ"


Après ce long chemin au plus profond de la plus grande jungle du monde, et après l'établissement d'un contact avec l'un des plus petits peuples et les plus isolés de la planète, une installation vidéo a été produite qui se trouve être désormais la mémoire plastique de cette expérience:

- Certains, tout au long de ce projet artistique ont cru que ce blog était une oeuvre, que le film de 26 minutes sur l'expédition était aussi une oeuvre et il n'en est rien: Tout cela, le blog, les photos (pour certaines), les vidéos sont des documents d'archives sur la production de cette pièce, ils sont là pour montrer quel cheminement intellectuel, culturel et physique a été pris par l'artiste pour arriver à ses fins, et cela sur le mode subjectif et intimiste, en essayant d'éviter le narcissisme et en ne cachant nullement les doutes et repentir dans la production de cette pièce. Ces documents ont mêlé des références littéraires, ethnologiques, athropologiques, philosophiques, artistiques, politiques, sociales et économiques. Ces documents sont très bavards et provoquent débats... ils suscitent des questions, des incertitudes et j'espère juste qu'après avoir révélé ce chemin intellectuel sur le mode subjectif, les lecteurs en tireront, non pas des conclusions mais des nouvelles questions sur le monde 'regardé' et cela sans prétention avec humilité ...

- La pièce:

Un pland fixe de 6h00 sur le village Tanguntsa en Haute amazonie à la frontière de l'Equateur et du Pérou de 12h00 à la nuit...
En effet aucune action ne se passe dans ce film mais est ce vraiment un film ? une photo ?
Non c'est une fenêtre sur un lieu extrême qui a son propre espace et sa propre temporalité, et cette fenêtre est installée "in situ" au Palais de Tokyo en interagissant avec son architecture, sa lumière et son espace.
Le dispositif est un cube noir très présent, dont les deux faces avant et arrière, présentent cette fenêtre sans cadre et bordure. L'image est coupée au cutter, et ses bord viennent se confronter au contexte du palais, le restaurant d'un côté, et, de l'autre, les espaces d'exposition. Cette image est une intrusion totalement incongrue, épiphanique du village de Tanguntsa avec sa propre vie, son univers sonore, son rythme (1h00 de tanguntsa = 1h00 du Palaisde tokyo), et les deux espaces avec leur quotidien se confrontent ainsi violemment et questionnent le statut de ces deux espaces et leur lien...
L'installation montre tout sans rien montrer, en effet contrairement au petit film, personne ne montre quelque chose, car on voit dans le petit film ce que les indiens veulent bien montrer et laisser entendre d'eux; à l'inverse en "pluggant" leur espace dans le palais de tokyo, ils ne laissent voir que leurs déplacements dans leur village de façon furtive, et le seul spectacle qui se déroule est celui des éléments: la lumière, les végétaux, les animaux, le paysage.

Ainsi cette aventure se termine par un lien subtil qui est une fenêtre sur l'espace de vie des shiwiars sous la forme d'un "ready made" consistant en la capture numérique d'un espace/temps de 6h00 à Tangunsta et en le pluggant dans un espace d'exposition: Le Palais de Tokyo...


Valéry Grancher

08 novembre 2005

La fin du chemin



Ce matin à 7h00, Pascual prenait son avion vers Quito, cela ne s'est pas fait sans gags:
Je passais à son hôtel le prendre avec ses bagages avec le taxi à 4H30 que j'avais réservé pour l'accompagner à son aéroport, je lui demandais, où doit on aller ? il me répond à Roissy, on fonce sur Roissy, puis sur la fin du trajet le chauffeur nous demande Roissy 1 ou 2, je pose la question à Pascual et je le vois perdu et inquiet, je le rassure, lui demande son billet et là je lis Orly !
je répercute l'info au chauffeur qui totalement surpris me dit "quoi ?" je répète Orly et nous voilà en train de foncer sur Orly et record battu à 5h00, on rejoint Orly de Roissy en 15 minutes...
Moi je m'en suis voulu de lui avoir poser la question au départ, au lieux de lui demander son billet...
Bref le pauvre en arrivant par Roissy il pensait repartir par Roissy...
Bref le chauffeur lui était content, je ne vous mentionne pas le prix de la course... Je vous rassure ce n'est pas lui qui fut délesté ;-)

Bref, en le voyant partir, je me disais que cette aventure arrivait à sa fin et son aboutissement était cette installation au Palais de Tokyo, et les CD de chants shiwiars édités par Pascual et en vente à la librairie du Palais de Tokyo, ainsi deux regards se sont croisés et un fil a été tendu avec deux individus que tout séparait et dont rien ne laissait présager qu'un jour ils seraient amenés à se rencontrer pour arriver à ce résultat...
Puis au délà d'une pièce produite une amitié s'est crée, et d'autres choses se produiront dans le futur...
Et comme m'a dit Pascual en partant "fais de bons rêves, je te reverrai dans tes rêves et je t'enverrai de bons rêves, restons en contact..." (Chez les shiwiars pour être un grand homme, il faut faire de bons rêves..)

Aussi ce blog va se conclure sur un texte que j'écrirai sur la pièce produite, et, en attendant dans les liens sur la droite de cette page, vous trouverez des documents suplémentaires tels que le journal vidéo de l'expédition, ou les archives vidéos bientôt en ligne des rencontres organisées le 4 novembre dernier au Palais de Tokyo

07 novembre 2005

Pascual à Paris




En cette journée d'hier doménicale ensoleillée, j'ai eu le plaisir à me plier aux désirs de Pascual, à savoir être son guide à Paris. Ainsi nous avons traversé une série de cartes postales pour son plus grand plaisir :
- Montmartre
- Le sacré coeur
- Le moulin de la galette
- Le bateau lavoir
- La rue Lepic
- l'Arc de Triomphe (un concept qui fut un peu complexe à lui expliquer)
- La descente des Champs Elysées à pied pour arriver sur la place de la Concorde, et ensuite traverser le jardin des tuileries jusqu'au Louvre, pour finir dans le classicisme de la petite cour carrée
- Puis St Paul
- La traversée de l'île St Louis
- Pour arriver sur l'île de la Cité dans le dos de Notre Dame que nous avons longée le long de la seine par le jardin pour arriver en face de son imposante façade
- L'église de St Jullien (la plus vieille église de Paris)
- St Michel
- St Germain des près où se trouve son hôtel au coucher du soleil

Nous avons évité la Tour Eiffel car nous avons eu l'occasion de la visiter lors de nos allées et venues au Palais de Tokyo.

Il a adoré et fut impressionné par la beauté de cette ville qui à ses yeux ne faillit pas à sa réputation, mais il a fait une remarque au sujet de sa minéralité que j'ai trouvée très intéressante:
"Paris est fait d'arbres sans feuilles, de pierres et d'hommes ..."
Je lui ai expliqué alors l'effet de nos saisons sur les végétaux, et cela l'a passionné car en effet en amazonie un arbre sans feuille est un arbre mort.

Durant cette journée, nous avons retrouvé cette communion rare lors de nos expéditions en jungle et je dois dire que cela est précieux...
Demain Pascual retourne en son pays et sa famille demain à 7h00

06 novembre 2005

6.11.2005


Matériel de chasse, pot à curare

Voilà pratiquement six jours durant lesquels, je ne me suis pas occuppé du blog: en effet mes nuits et journées ont été complètement dédiées à la finalisation de la pièce unique issue de cette aventure pour l'exposition...
Je m'en excuse...
J'en profite également pour remercier tous ceux qui se sont rendus à la table ronde pour leurs interventions, et je remercie le public...
D'ailleurs suite à cette table ronde trois éclaircissements s'imposent:

1- le blog n'est pas une oeuvre mais une publication en ligne narrant ce projet depuis son origine, l'aventure qui en découle pour arriver à la pièce montrée: l'installation vidéo montrant un plan fixe de 6h00 liant deux espaces totalement étranger par le biais d'une installation interagissant avec l'architecture du lieux (palais de tokyo). Ce blog est à la fois un journal de projet, un making off et une enquête sur les thèmes traversés par ce prpojet...

2- La vidéo de 26 minutes présentée aux tables rondes n'est pas une oeuvre vidéo, mais un "gonzo movie" comme disent les américains, construit comme le blog, c'est l'expédition filmée quotidiennement sous la forme de 'post it' vidéo, et ce film a été produit pour le présent blog.

Ces deux éléments constituent des documents concernant la génèse de la pièce présentée, et un exposé des territoires traversés pour y arriver.

3- "L'oeuvre" je préfère l'expression "la pièce" est l'installation vidéo montrée au palais de tokyo du 4 au 20 Novembre, et je vous invite à venir la voir

01 novembre 2005

Pascual

Aujourd'hui, et en cette soirée Pascual est arrivé pour mon plus grand plaisir à Paris, et lui, son voyage s'est sans encombres:
Pas de valises perdues !
Non, je ne citerai pas la compagnie en question ! je suis beaucoup trop rancunier pour cela ;-)

Mais son arrivée à Paris fût quelque peu agîtée !
Quand il a quitté sa plate-forme à l'aéropport, il était 18H00, il était fatigué, et nous décidions de prendre le moyen de transport le plus rapide pour arriver à Paris, aussi notre choix s'est arrêté sur le RER:
Arrivé à St Michel, nous nous dirigeons vers la sortie de la station, et là j'ai le malheur de frôler avec ma valise une personne d'une quarantaine d'année... bref je dis 'pardon' et passe mon chemin, Pascual me suit... j'entend dans mon dos "Ta mère, enculé..." je ne réponds pas et nous continuons notre chemin sans nous retourner... j'entends toujours "La putain de ta race on n'a pas gradé les chameaux ensemble"... je me dis heureusement que Pascual ne comprend rien et ne voit pas ce qu'il se passe et nous continuons, puis arrivé au niveau supérieur, en passant le portique, je n'entendais plus cet énervé et brutalement il me saisit dans le dos par le blouson à l'épaule et la bave aux lèvres me crie de dessus "Tu veux mettre ma mère dans ta valise ? je vais te crever..."
Tout le monde nous regarde, Pascual aussi... Je me demande si je dois lui rentrer dedans pour de bon car je n'ai plus trop le choix, et là deux agents de police arrivent sur le quai, je décide de les appeler...
Ils arrivent, je leur explique la situation "nous revenons de roissy, nous voulons tout simplement sortir mais on se fait agresser parce que l'on a frôlé cet individu avec nos valises bien que l'on se soit excusé..." les trois agents bloquent ce type, lui demande ses papiers, il ne les a pas, cet abruti s'énerve contre les agents... et là j'entends au moment où l'on part "putain d'enculés de votre race, vous le laissez partir parce qu'il est français et vous me faites chier parce que je suis arabe.... Sarkozy retourne chez ta mère..."

Bref Pascual n'ayant absolument rien compris à l'histoire et très surpris, me demande "Pourquoi il t'a sauté dessus, et pourquoi la police est venue de suite ?"
Je réfléchis, je me dis "bonjour le choc des cultures", "comment expliquer cela ?" je décidais de lui dire "que les deux agents avaient vu cet individu m'agresser sans raison pour me faire les poches..."
Et là il me dit "La police, elle travaille chez vous..."

Et là dépité, je me dis, je hais Sarkozy, je déteste sa politique, je la désaprouve, j'en ai même fait un projet artistique, et il faut que ce jour, à ce moment, à cet endroit, je me trouve contrain de solliciter l'aide de ses institutions... cette pensée fût profondément déprimante...

Et j'ai fini par expliquer à Pascual que Paris était une autre jungle avec d'autres prédateurs, et qu'il fallait être prudent...
Dommage pour son batême parisien.... (j'avais le choix entre me faire casser les dents devant lui, ou appeler les flics... génial...)


Toujours est il qu'il a fait son premier dîner français et il semble préférer la bière au vin rouge, la crème brûlée au chocolat et le steak saignant à la choucroute...
La soirée fût extêmement conviviale et amicale ;-)

Dès demain, on rentre dans le vif du projet...

31 octobre 2005

Epiphanies toujours


Aéroport de Puyo, Equateur

Je passe des journées entières dans les studios de France Culture pour mon plus grand plaisir et pour l'atelier de créations radiophoniques:
Et par la même occasion, cela me donne l'opportunité de voir ce que peut être un plan straubien sonore:
En effet, une chronologie se déroule par des cartels contemplatifs sur le paysage, sur fonds d'ambiances sonores, et cela à chaque heure grâce à une épiphanie vocale, où ma voix s'intercalent avec une voix étrangère lisant mes textes avec peine...
Puis la chronologie du blog égrenne mes émotions quotidiennes orales sur des tableaux sonores...
Ainsi la temporalité du voyage se cristallise sur celle du plan fixe de 6h00 fait pour mon exposition du Palais de Tokyo qui ouvre ce vendredi...

30 octobre 2005

Jean Marie Straub et Danièle Huillet



Straub plus que Warhol est à l'origine du plan fixe: Il est bon d'en parler aujourd'hui et de payer nos dettes envers lui.
En effet, mon parti pris pour mon installation d'un plan fixe de 6h00 lui doit beaucoup:
Qu'est ce qu'un plan fixe ?
Un cadre, mais encore ce qu'il y a dans le cadre, et ce qui est montré.
Mon plan fixe montre un paysage, un paysage qui passe du jour à la nuit, dont l'ambiance sonore évolue avec la lumière, où les humains ne font que passer, où le privé n'est nullement dévoilé, mais où le spectacle de la vie d'une demie journée se déroule avec indolence au rythme des chants des femmes, et des gloussements des enfants.
Et puis, ce qui est entendu n'est pas vu, les sons viennent du dos de la caméra (le micro pointait le champ opposé de l'objectif...), endroit où la vie collective se déroule dans la maison du chef pendant la journée, le paysage lui, montre les demeures, où à la tombée de la nuit les familles s'en vont se coucher...
Ainsi le son dévoile une vie collective et l'image le paysage de cette vie sans que les deux ne se confondent, mais s'embrassent de temps en temps...
La vidéo et la webcam sont cela:
Elles décollent la temporalité de l'espace pour les acoller de façon psychotiques et épiphaniques...

29 octobre 2005

Nuit



La nuit est toujours fascinante, voir fantastique, les bruits nocturnes effraient, la forêt en nos contrées est peuplée de trolls, de démons, et se fait hostile...
L'amazonie, elle, vous tend les bras et déroule la symphonie de sa faune, qui se fait chaque jour différente et musicale, et toujours, toujours plus envoûtante, au point de devenir obsédante...

28 octobre 2005

Jungle



Le soir, les images, les sons et les effluves de la jungle ne cessent de me hanter lors de mon coucher. Car c'est le seul endroit que je connaisse où vous pouvez aisément trouver une vue, un panorama où rien ne laisse paraître une intervention humaine, pas même les lignes blanches et scintillantes dessinées par nos jets dans les cieux.
Juste soi, face à un désordre organique qui vous carresse dont même l'air se fait matière: son humidité, sa densité, sa richesse oxygénée vous carresse le corps et vos poumons d'une façon si sensuelle.
Je ne peux décrire la sensation que l'on ressent lorsque lors de la tombée de la nuit, on prend son bain dans la rivière en faisant face à son cours et ses berges devenant hautes et sombres et disparaissant dans la lumière crépusculaire et les limbes brumeuses s'échappant des cimes.
Pas de noir, mais de la couleur cacao de l'eau, au ceruleum virant à l'outremer du ciel ruisselant sur les veines jades, porphyres, émeraudes et saphires de la forêt, vous ressentez la communion et la plénitude: aucun tourment mental, aucune angoisse, juste vous, un corps parmi d'autres, une petite vie perdue dans l'immense biodiversité, et une humilité souriante vous envahit.
De ma vie je n'aurais jamais senti un air si pur, pas une odeur nauséabonde, juste les parfums organiques des plantes, le musc des animaux, et l'humidité ambiante ayant sa propre saveur quand on daigne ouvrir la bouche et tirer la langue comme le font les petits enfants shiwiars.
Face à ces impressions, je ne cessais de me dire comment le douanier Rousseau avec "la charmeuse de serpents" avait si bien su retranscrire cela picturalement sans jamais s'être rendu dans de tels endroits ?

27 octobre 2005

Travail de Titan



Comme je l'ai précisé le travail a commencé, à savoir la production des pièces réalisées à Tanguntsa:

- Bon déjà le film retraçant les imppressions ressenties pendant l'expédition grâce à des plans séquences contemplatifs sur des scènes quotidiennes des shiwiars, vient d'être terminé sous la forme d'un DVD qui sera présenté le 4 novembre prochain.
Le DVD est le support logique pour un film numérique, car tout a été produit en numérique, heureusement d'ailleurs, car j'avais amené un appareil photo 24*36, et du fait de l'humidité, les films collaient en s'enroulant et se déchiraient lors du rembobinage, du coup, aucune photo émulsion n'a pu être ramenée à mon grand regret...
- Et puis reste le mixage des 5h50 de plans fixes pour l'installation qui est un travail fastidieux long et éprouvant:
- >nettoyer le son du bourdonnement d'une mouche qui scotche le micro de la caméra pendant 10 minutes et masque tout le reste
-> enlever les grosses tâches noires faites par un énorme objet vollant se posant sur l'objectif

bref, il faut le faire, point barre, et tout sera prêt en temps et en heure.
- Sans parler de journées dans les studios de Radio France pour mixer les sons ramenés pour l'atelier de création radiophonique.

J'en profite pour dire aussi, que le blog vient d'être nettoyé de ses fautes (je ne suis pas une bête en orthographe, j'ai fais ce que j'ai pu), et surtout les accents ont été rajoutés là où ils manquaient...

Bonne lecture

26 octobre 2005

La scolarité shiwiar


Ecole shiwiar

Au tout début de ce blog, j'avais posté une perle qui était la traduction écrite en langue shiwiar du texte des droits de l'homme. J'avais ironisé à ce sujet en écrivant "quelle ironie de publier un tel texte quand on sait que les shiwiars sont de tradition orale..."
Lors de mon expédition, j'ai fait une découverte:

A savoir que l'origine de cette traduction est la confédération shiwiar fondée par Pascual et Juan Kunchicuy.
Quelques explications:
Lors de mes conversations avec Pascual et Juan, le premier jour de mon séjour en Equateur à Quito, j'avais abordé le thème de leur acculturation et éducation américaine chez les salésiens: Deux années pour être "graduated", puis les deux frères à leur retour des USA, étaient rentrés à l'Université de Quito où ils ont obtenu leur diplôme d'état de guide touristique sur la biodiversité amzonienne. Et C'est en tant que guide, qu'ils ont commencé à vivre, d'où le fait que Pascual vive à Puyo ville hébergeant également, bon nombre d'hôtels, d'agences de voyages proposant des trecks en amazonie...
Au regard de cette industrie et des dégâts constatés sur certaines communautés comme les quichuas, qui désormais ne vivent plus sous des toits de palmes tressées mais sous des tôles, et qui ont de plus totalement perdus leurs connaissances de leurs milieux pour quitter la "rain forest" pour devenir des manutentionaires alcooliques de Puyo; les deux frères ont décidé de faire quelque chose qui puisse épargner leurs communautés shiwiars.
La première chose à faire étant de récupérer de la part de l'état équatorien les terres ancestrales, et pour cela, il fallait faire reconnaître comme ethnie indépendant les shiwiars d'où la nécessité de valoriser leurs traditions culturelles via une confédération qui puisse faire partie de la CODENPE (organisme de consultation de la cause indigène dépendant de la présidence de la république équatorienne) chose faite aujourd'hui; la deuxième chose à faire étant de rendre pérenne les traditions culturelles de leurs communautés par une politique d'éducation apropriée...

Il faut savoir que le père de Juan et Pascual est un très puissant chamane shiwiar frère du chef de Tanguntsa Gonzalo, et que ce chamane avait compris que sa communauté ne pouvait éternellement fuir les évangélistes en s'enfonçant toujours plus profondément dans la jungle, il avait également compris que plutôt que subir l'influence de ces colons mystiques qui n'avait pour objectif que d'effacer leurs traditions, il fallait devenir actif, comprendre de l'intérieur les pédagogies salésiennes de l'intérieur pour en faire un usage proprement shiwiar, et la meilleure façon de comprendre cela, était de faire subir à deux de ses fils un tel enseignement, et c'est ainsi que Pascual et Juan furent confiés aux Salésiens et passèrent deux années aux USA...

A leur retour, en toute logique, plutôt que suivre les salésiens et devenir leurs évangélistes, ils n'ont non seulement nullement renoncé à leurs pratiques spirituelles shiwiars mais ont répondu scrupuleusement aux désirs de leur père.
Et ils avaient compris que la force de conviction des salésiens venaient de deux faits:
- Une tradition culturelle forte
- Une écriture avec des textes sacrés.
Et ils ont décidé il y a trois années de créer pour la première fois de toute l'histoire de leur ethnie, une écriture shiwiar dérivée de l'écriture latine (espagnole), dont le texte des droits de l'homme est un premier exemple...
En plus de cette écriture, une politique de mise à l'écrit de tous leurs savoirs a été amorcés, la transcription en espagnol et langue shiwiar écrite des chants, avec enregistrements sonores des dits chants sur CD, la réalisation d'un DVD sur leur vie quotidienne ect... ect...
Et en Parallèle de tout cela, il y a une année la première école shiwiar a été crée à Tanguntsa prodiguant l'enseignement de l'écriture et la lecture des langues espagnoles et shiwiars.
Ainsi les techniques pédagogiques prodiguées par le salésiens sur Juan et Pascual sont reproduit dans l'école de Tanguntsa par les shiwiars eux mêmes à leur propre usage.

Ces politiques ont ainsi aidé à définir un territoire culturel lié aux communautés shiwiars, facilitant leur reconnaissance comme ethnie indépendante par l'état équatorien et expliquant également la facilité avec laquelle mon projet a pu être réalisé avec eux, car il y avait une convergence d'intérêts:
Mon projet est quelque peu instrumentalisé de leur part, car lors de mon retour, Pascual n'a pas manqué d'en parler en ces termes à la CODENPE (Présidence de la république):
- A savoir qu'un grands musée français s'intéressait à leur culture, le projet apportant ainsi à leurs politiques culturels shiwiars une caution internationale, facilitant ainsi désormais les demandes faites par cette communauté à l'état équatorien, que ce soit des subventions pour leurs écoles, ou la rétrocession de territoires:
Ainsi ils projettent de construire leur propre piste d'avion, pour ne plus dépendre des quichuas de Chona...

Ainsi à l'issue de ces discussions abordant ces thèmes, je me suis aperçu qu'il y avait un manque de moyens matériels flagrant pour prodiguer cet enseignement:
Lors de la préparation de ce projet qui ne peut exister sans les shiwiars, un budget fut dédié à leur cause pour l'achat de matériels qui leurs seraient nécessaires, et ainsi une partie du budget fut dédiée à l'équipement de cette petite école (la photo), pour qu'elle puisse avoir un tableau, des craies, un tampon effaceur, et un cartable complet pour chaque écolier; ainsi que l'électrification par panneaux solaires de la petite école...
Ce fut chose faite avec grand plaisir, j'ai d'ailleurs publié sur ce blog les photos de Pascual (à sa demande) de la remise de ce materiel scolaire, à chaque enfant et professeur qui fut faite de façon assez solennelle (ils ont organisé cette petite cérémonie) ce qui eut le mérite de me plonger dans une profonde gêne, mais l'émotion fut à la hauteur de leur geste...

25 octobre 2005

Le code vestimentaire



Sur les photos des personnes de cette communauté, vous avez du avoir la surprise de voir des logos "adidas", "nike" ou "puma"...
et oui même ces marques sont présentes dans cette région.
Non les shiwiars ne sont pas "fashion victims", mais apprécie toutes nos commodités:
ainsi les bottes en caoutchouc de marque "venus" équipe toute la population amzonienne, car dans cette région marécageuse, boueuse et infestée de serpents venimeux, elles restent la meilleure protection !
Et puis les tee shirts, et les pantalons font économiser du temps: nul besoin de tisser des tissus, nul besoin de se drapper, on les enfile et on les laves dans le rio...
Ainsi les vêtment blancs finissent marrons, car à force d'être lavée dans l'eau boueuse du rio grande, ils finissent par en prendre la couleur.

L'origine des vêtements est simple à deviner, depuis que cette communauté reçoit en moyenne par an 10 touristes, cela fait 20 transports aériens qui sont autant d'opportunités pour ramener des marchandises de puyo, sans parler des vêtements offerts par les ONG, et les visiteurs de passage.

Et comme à leur habitude, ils défient le temps en respectant un tant soit peu leurs traditions (bas bleu pour les hommes), et lees maquillages faciaux sont toujours de vigueur... de même que les parures de graines et de plumes...

24 octobre 2005

La cuisine shiwiar



Quand je suis arrivé dans cette communauté, pour des raisons humanatires (ne pas peser sur la communauté), sanitaires (déficience immunitaire de ma part en un tel milieux), et puis par a-priori culturel (je ne peux pas manger d'insectes, et certaines viandes), j'avais apporté ma propre nourriture...
Puis vivant avec la communauté, déjeunant avec elle, dînant avec elle, ses membres me voyaient ouvrir mes sachets déshydratés, ils rigolaient, et moi je voyais de magnifiques fruits (ananas, bananes, mangues, papayes) défiler et j'en salivais...
Et je ne parle pas des effluves alléchantes qui venant de l'espace des femmes me chatouillaient les narines...
Dès le deuxième jour, ma nourriture fut viciée par des milliers de fourmis qui avaient réussi à percer les paquets et les envahir, c'en était réglé de mes provisions...
Alors j'ai décidé au prix d'une turista carabinée de suivre le régime alimentaire indigène et ce fut une vraie surprise gastronomique...
- Les poissons chats fraichement pêchés cuisinés en papillottes dans des feuilles de bananiers avec des yukas, un vrai délice indescriptible dans nos codes culinaires
- Les oiseaux divers bouillis dans des soupes mêlant légumes que je n'ai pu identifiés et piments oranges (sauvages) avec des bananes, j'arrivais presqu'à préférer cette recette à celle du 'pot au feu'...
- Le pécari grillé (1 sorte de cochon sauvage)
Bref, lors de la venue de Pascual, j'ai bien envie de solliciter sa confédération pour qu'ils publissent en plus de leurs magnifiques chants (un CD sera présenté à la rencontre du 4 Novembre), un livre de recettes shiwiars...
Car je n'ai jamais rien lu sur la cuisine des différentes tribus et je dois dire que cela fut pour moi une expérience culinaire extrêmement sensuelle et gustative...
Malgré les efforts que j'ai pu fournir, je n'ai pu partager leur plaisir à manger des fourmis et des gros verres blancs qui rongent l'intérieur des troncs pourris...
Il paraît que les fourmis sont succulentes (je leur fais confiance question goût) et que les vers sont extrêmement sucrés comme des douceurs...
Mais là je n'ai pu surmonter mon a-priori culturel... et je le regrette car c'était stupide de ma part et j'ai fait preuce d'une certaine lâcheté...